La télé un soir de grippe

Publié le par Chat noir

L'autre soir, j'étais cloué au lit par une grippe, la tête endolorie, le regard embué, les jambes en coton... avec pour seule distraction la télé. Une farceuse avait mis la télécommande hors de ma portée non sans avoir au préalable sélectionné l'unique... à l'heure du journal télévisé.

Visite du Brizidène à Ghardaïa... J'étais d'abord en admiration devant le miracle que j'avais sous les yeux. Malgré ma respiration difficile, j'osai un sifflement d'admiration... Incroyable! Il avait maigri d'au moins 30kg le présentateur... C'est vrai que ça fait un bout que je ne l'ai pas vu...

Ensuite, le ton enjoué, le Brizidène passe la pommade aux généreux habitants de cette wilaya représentés par un groupe de notables. Pour ce qui est des sous... bon... vaches maigres et compagnie, crise internationale et tout le baratin donc y en aura pas mais Boutef dans un accès de générosité tout brizidensielle accède à une demande qui mange pas de pain des Ghardaiens (c'est comme ça qu'on dit? Ghardaouis? Mozabites? peu importe). L'université portera  le nom d'un type que j'ai oublié... geste d'une brizidesielle générosité inouïe. Tonnerre d'applaudissements... Youyou d'une Hadja que le Brizidène salue... Jusque là, tout allait bien... J'avais juste un peu plus mal à la tête.


La nausée a commencé lorsqu'un notable d'1m95 au minimum s'adressant au Brizidene lui dit qu'il a porté chance au pays... même le ciel s'est mis à prodiguer de généreuses gouttes de pluie. Faut-il rappeler que la région a connu des inondations qui ont fait une cinquantaine de morts.


C'était une grippe que j'avais pas une gastro... Je ne comprenais pas les vomissements lorsque le chef de la tribu de je ne sais quoi s'était mis à lire un poème à la gloire de devinez qui... Un poème tout en rimes en « hou »... 3oulahou, samahou, rabbahou... des hou en veux-tu en voilà...


Tout d'un coup, je fus pris d'un fou rire incontrôlable. Chaque secousse était comme un couteau qui s'enfonçait dans mon crâne mais je n'y pouvais rien, je riais... Ce fut l'occasion d'un chantage honnête entre celle qui avait mis la télécommande à l'autre bout de la pièce et moi... La télécommande contre la raison de mon hilarité.


C'était le souvenir d'une vieille histoire qu'on m'avait racontée. Une histoire qui avait lieu à l'époque des poètes maddahines qui faisaient commerce des éloges aux puissants. L'un d'eux particulièrement habile écrivit quelques vers louant la générosité d'un riche émir dans l'espoir d'en tirer quelques deniers. Dès les premiers mots, l'émir fut enchanté et promit 1000 dinars aux meddah.... fou de joie, celui-ci improvisa une suite qui vantait le courage de l'émir et sa valeur au combat. La somme promise augmenta aussitôt... le poète improvisa alors quelques vers sur la stupéfiante beauté de l'émir... Lorsque la somme atteignit les 10000 dinars, le poète s'inclina devant le notable en attendant de toucher son dû. Celui-ci lui dit : Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous donner cet argent. Vous aviez fait mon bonheur avec des paroles et en retour, j'ai fait le votre... avec des paroles.

Vous avez dit que j'étais un lion alors que je suis un pleutre, vous avez vanté ma beauté alors que je suis d'une laideur repoussante... Paroles creuses contre paroles creuses, c'est cela notre marché.... Paroles creuses contre monnaie? ce ne serait pas honnête.

Publié dans Lebled

Commenter cet article

de Tablat 02/01/2009 14:07

mais il était beau notre prézidène sauf quu'il lui manque quelques centimetres pour être à la hauteur de leur Napoléon.
bonne et heureuse année 2009.

Bachir 02/01/2009 14:07

Je te souhaite une bonne et heureuse année pleine de douces et belles choses.