Il était une fois

Publié le par Chat noir

Sur la route qui coupe les majestueuses Aurès, on rencontre quelque part un grand 1 qui se dresse au centre d'une cour surplombant ce qui reste de Douar Ouled Moussa.

Sur le mur des centaines de noms sont inscrits.

Le jour du soulèvement est célébré par
la bâtisse attenante censée être un musée.

Quelques uniformes, des armes des documents sont déposés pêle-mêle. Aucun intérêt.

Des affiches manuscrites racontent l'événement dans un arabe d'école qui se perd dans les détails... nombres de fusils, d'hommes, histoires de batailles narrées jusqu'à la nausée par la télé officielle.

Plus bas, les gourbis où eurent lieu les réunions étaient conservés fort heureusement intacts.

En entrant dans l'un d'eux, tu es immédiatement saisi à la gorge par une émotion aussi soudaine qu'intense. Etait-ce la nudité absolue des murs? Ou ce plafond bas en feuilles de palmier? Cette cheminée improvisée dans un coin? Ou peut-être ces fenêtres minuscules, idéales ouvertures pour guetter les dangers qui viendraient de la route ou du village?

Etait-ce plutôt la sensation que des fantômes rôdent dans le coin. Les fantômes de ces hommes sortis du troupeau dans la nuit noire, la peur au ventre mais la foi inébranlable en leur juste cause, pour crier : ça suffit!

Plus la voiture s'éloigne et plus le souvenir s'estompe et le retour à la réalité d'aujourd'hui se précise, et plus le sentiment de dégoût envers ceux qui légitiment leur pouvoir, amassent des fortunes, cumulent mandat sur mandat en faisant appel au sacrifice de ces hommes tue toute émotion du souvenir.

 

Publié dans Lebled

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