Dépliant touristique

Publié le par chatnoir

Séjour itinérant Est de l'Algérie en 8 jours.

 

Avant propos :

« Bien que les décors naturels des lieux décrits dans ce dépliant soient réels, la plupart des infrastructures touristiques qui y sont décrites ainsi que leur standing sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des infrastructures existantes même si certaines ont existé ne serait malheureusement que pure coïncidence ».

 

Le 1er jour : Vous arriverez à l'aéroport de Constantine vers 11h du matin. Vous serez transportés en car jusqu'à l'hôtel Cirta, superbe palace de style mauresque situé au cœur de la ville du Rocher. Après votre installation dans les chambres, vous déjeunerez dans le restaurant Les abîmes attenant à l'hôtel. Dans ce célèbre établissement niché sur le rocher et offrant une vue à couper le souffle, vous dégusterez quelques spécialités locales de cette ville célèbre pour la finesse de son art culinaire.

L'après-midi sera consacrée à une promenade à pied dans les rues de Constantine. Elle débutera par la visite de la vieille ville qui se trouve à quelques pas de l'hôtel Cirta. Vous vous laisserez perdre dans les dédales sinueux de ce labyrinthe à grande échelle. Les ruelles étroites sont bordées de maisons traditionnelles dont les terrasses semblent se rejoindre au sommet. Le quartier s'appelle Souika ce qu'on pourrait traduire par petit souk. Souika a toujours été littéralement au bord du gouffre. D'abord parce que les maisons à flanc du rocher ont des fenêtres qui donnent sur les gorges. Pas intérêt à faire sécher le linge de ce côté. Une culotte qui tomberait se retrouverait 100m plus bas dans les eaux du Rhummel. Mais aussi parce que Souika fut au bord d'un autre gouffre, celui qui aurait pu l'engloutir définitivement : le laisser-aller et le manque d'entretien qui ont failli avoir raison de ce joyau unique. http://www.tocqueville.culture.fr/images/voyages/constantine2_2.jpgFort heureusement, quelques riches mécènes locaux, ayant fait fortune dans l'élevage bovin, amoureux de la ville et sensibles aux œuvres d'art que sont les maisons, les portes en bois sculpté, la faïence aux motifs caractéristiques, les fontaines qui parsèment les ruelles, ont financé la restauration de ses maisons tout en fournissant du travail aux nombreux artisans au savoir-faire ancestral. Pour la visite, nous vous conseillons de vous offrir les services de l'un des nombreux guides portant un badge et donc accrédités par l'office de tourisme. Pour une somme modique, ils enrichiront votre promenade par des dates et des anecdotes historiques croustillantes.

Au bout de la vieille ville, le pont d'El Kantara (pléonasme bilingue), le plus vieux pont de la ville, c'est un point de vue de choix pour observer d'en bas, le pont suspendu de Sidi Mcid. A quelques pas de là, devant l'entrée de la gare ferroviaire, on admirera la statue de Constantin l'empereur byzantin qui a donné son nom à la ville. Un passage devant le cimetière juif rappelle que cette ville connut la présence israélite la plus importante et la plus ancienne d'Algérie. Vous gravirez les escaliers qui mènent au monument aux morts (El Moulima, disent les constantinois). Perché à cet endroit qui domine les plaines environnantes, vous vous insinuerez dans le corps d'un des illustres chefs de la ville observant un des envahisseurs qui ont assiégé cette ville le long des siècles : Massinissa roi ayant régné sur l'antique Cirta, capitale du royaume Numide ou Ahmed Bey dernier gouverneur ottoman. N'importe quel enfant de Constantine, fier de sa ville farouche qui ne se laisse pas violer sans au moins porter des coups douloureux à son assaillant vous racontera la fameuse réplique d'Ahmed Bey à l'émissaire envoyé pour négocier la reddition de Constantine par le général Damrémont (qui fut tué durant cette campagne). Bey Ahmed avait résisté au colonisateur durant sept années mais ce jour il était assiégé pour la deuxième fois et à court d'armes et de munitions. Bey Ahmed lui rétorqua : « Si les chrétiens manquent d'armes, nous leur en fournirons et s'ils manquent de vivres, nous leur en donnerons mais il va falloir qu'ils se battent dur pour prendre cette ville ». La bataille fut rude et sanglante. Il fallait combattre rue par rue et selon les mots de l'infâme Saint-Arnaud, il fallait tuer plusieurs fois les hommes qui se sacrifiaient à défendre coûte que coûte leurs positions.

Vos jambes trembleront peut-être durant la traversée du pont de Sidi Mcid qui s'élève à 200m au dessus du vide. La promenade se poursuivra par une marche le long du boulevard de l'abîme. Votre guide vous parlera probablement du nom que lui donnent les constantinois: Kef Chkara (le rocher du sac). Il vous racontera l'origine de ce nom étrange : On dit qu'à l'époque des beys, les condamnés à mort étaient enfermés dans des sacs avec des chats et jetés depuis ce rocher.

Une petite halte à l'esplanade de la Brèche qui porte ce nom depuis cette fameuse journée d'octobre 1837. Vous consommerez une glace ou une boisson rafraîchissante en admirant les bâtiments du centre ville. Ils datent tous de l'époque coloniale et sont reconnaissables à leurs frontons typique. Admirez le bâtiment de la poste, les banques et surtout le théâtre dont la riche programmation s'exhibe dans des affiches lumineuses en fin de journée.

La journée s'achèvera par un dîner spectacle au Fondouk, un établissement situé dans la vieille ville. Depuis une trentaine d'années, ce restaurant fait revivre deux traditions anciennes, celle des fondouk, sorte d'hôtels offrant le gîte et le couvert aux commerçants voyageurs et celle des cafés restaurants traditionnels où les jeunes musiciens venaient à la rencontre d'un public de passage. Ne vous attendez pas à y trouver l'un de ces succès commerciaux du moment plutôt une musique classique locale aux apports andalous amenés dans les bagages de ceux qui ont fui la chute de Grenade.

 

2ème jour : La matinée commencera très tôt à six heures et sera consacrée à une promenade sur le chemin des touristes. Les constantinois l'appellent Errimis hommage inconscient à Frédéric Remes l'ingénieur qui l'a conçu et fait construire à la fin du 19ème siècle. Longtemps laissé à l'abandon, il fut restauré il y a une vingtaine d'années grâce à des fonds d'origine diverses publics et privés.

La visite commencera au pont de Sidi Rached à quelques pas de l'hôtel. Construit en contrebas, à flanc du rocher, ce chemin étroit offre un étonnant changement de perspective par rapport à la visite de la veille. L'étroitesse de ce chemin très fréquenté par les touristes imposera une marche lente où on se sent écrasé par la hauteur des murailles rocheuses des gorges.

Il y aura quelques arrêts aux points les plus intéressants Les plus aquatiques n'oublieront leur maillots pour profiter des eaux de la source thermale. Les grottes qui parsèment le parcours permettent de se rafraichir par les journées de chaleur, nombreuses en été. Au bout du parcours, on admirera les chutes du Rhummel impressionnantes durant les mois d'hiver et de printemps.

Le séjour à Constantine s'achèvera en début d'après midi par un retour à la vieille ville afin de faire des emplettes pour ceux qui le souhaitent. En flânant dans les quartiers des artisans regroupés par métier, vous glanerez ça et là des souvenirs de votre visite. Dans le quartier des orfèvres, les dames trouveront leur bonheur parmi les pièces traditionnelles. Attention, toutefois à vérifier sur la devanture de la boutique l'indispensable agrément de l'office du tourisme garant de la qualité et de l'authenticité des pièces exhibées. Le bruit caractéristique des poinçons sur les plaques de bronze vous indiquera que vous traversez le quartier de ferrailleurs. Vous y trouverez des objets de la vie quotidienne, lampes, plateaux, récipients... devenus objets de décoration. Plus silencieux, le quartier des tanneurs comporte de nombreuses boutiques où les objets en cuir, sacs à main, chaussures et sandales... peuvent être acquis. Le quartier des bouchers comporte lui de nombreuses échoppes disposant de quelques tables où on peut se restaurer rapidement de brochettes ou du succulent plat populaire, la soupe aux pois chiche baignant dans l'huile d'olive et parfumé de cumin.

 

Retour à l'hôte au début de l'après-midi et départ du car à 17h précise pour la côte. Sur la route, profitez d'un arrêt du car à quelques kilomètres pour prendre une photo d'ensemble du rocher et de sa ville. Avant de quitter complètement la région, une visite d'une demi-heure à la cité antique « Qsamtina legdima » (l'ancienne Constantine), la petite cité de Tiddis, les ruines d'une ville romaine bâtie sur une ancienne cité berbère.

 

Le bus filera ensuite à grande vitesse sur l'autoroute en direction de la méditerranée...

Publié dans Lebled

Commenter cet article

Kathia 13/08/2012 16:19



Merci pour la chouette visite a Constantine, ceci-dit, on sent que tu n'es pas super impressionné, y a même
un arrière gout d'amertume a ton récit. Ma3ejbeksh el hal?


Si je me permets :)


La musique Andalouse de Constantine dite Malouf, nous vient au fait de Séville et non pas de
Grenade.


Le Gharnati de Telemecen vient de Grenada.

chatnoir 15/08/2012 15:34



Non el hal 3jabni... c'est plutôt lebled li tghid...


Merci pour la précision mais en parfait néophyte en matière de musique andalouse (sauf pour admirer les jeunes filles qui, souvent jolies et portant bien la robe traditionnelle, donnent tout leut
intéret aux troupes locales), je ne m'avançais pas sur l'origine de la musique andalouse constantinoise. La chute de Grenade est la fin de l'Andalousie, c'était là mon propos... Mais cette
précision m'apprend quelque chose, merci beaucoup... Je ne connaissais pas du tout... comme disait l'autre العصمة لا تكون الا لنبي 



The Matrix 01/08/2012 23:25


Dieu, quelle matrice! je veux voir l'Oracle...Indique moi le chemin...Tsst...ttttsst...tssst...
 
Chatnoir, tu es sûr que la ligne est protégée ?

Saha F'torkom

chatnoir 03/08/2012 18:04



3ach men qrak.... N'aies crainte la ligne est ouverte à tous donc elle est protégée....


L'oracle rah taht el guentra, le troisième stand à droite, il vent des pièces auto usagées. Tu ne peux pas le rater.


 


Saha ftorkom, t3ichou



algerianna 01/08/2012 17:41


Khouya Chatnoir tchu es très cultchivé! Saha ramdanek.

isis 16/07/2012 00:08


2 jours pour Cirta? c'est peu vous n'avez pas visité le magnifique parc d'attraction à djbel elwa7ch  où plusieurs spectacles sous des themes variés, chacun relatant des faits historiques de
toutes les civilisations qui sont passées par Constantine, un vrai régale pour les enfants, puis un détour vers la belle mosqué de l'émir abdelkader accessible aux touristes en dehors des
heures de prières.. le musé de Cirta rénové et enrichi par les recentes découvertes archeologiques ..le beau palais du Bey.. les téléphériques.. les concerts de musique hawzi http://www.youtube.com/watch?v=CoXxS9Qv4x4   Non! 2 jours c'est peu.. 


Direction la méditerannée ? Ma aaah ma directiouch!  je vous vois venir ndiroulkom faut barrage :p


 

chatnoir 16/07/2012 13:42



Le séjour itinérant que nous proposons doit rester dans la limite d'une semaine et il y a tellement d'autres choses à voir. Par ailleurs, l'auteur du descriptif n'aime pas le parc d'attractions
de Djbl elwa7ch (mais aimait bien Djebl el wa7ch avant ce parc). Le palais du bey est en cours de rénovation et sera fermé pendant 1an et demi au public (les travaux de restauration sont purement
imaginaires, toute ressemblance etc...) . Pour ce qui est de la mosquée de l'Emir, elle est trop excentrée donc exclue des visites faute de temps.



Plastic Bertrand 15/07/2012 21:52


Cynique mais sympa. Encore!!


PS: "il était asiégé" manque un "s" je pense. "l'entrée de a gare ferroviaire" manque un "l".


 

chatnoir 16/07/2012 13:37



Cynique... noooonnn... juste dans la regret que tout ça aurait pu être tellement mieux...


 


Merci de me signaler les typos.