Les dinosaures et les mammouths

Publié le par chatnoir

Comment aurait-on pu expliquer à un mammouth que le paléolithique était fini ? Ou à un dinosaure que le jurassique s’achèvait ? Même s’ils étaient doués de raison et d’un langage, la tâche se serait avérée impossible. N’ayant connu que leurs mondes qu’ils croyaient être les seuls possibles, le mammouth et le dinosaure se seraient heurtés à une barrière psychologique insurmontable pour leur esprit formaté. Une incapacité à comprendre que le monde est en perpétuelle transformation même si de longues périodes de stagnation apparente font croire à l’esprit simple qu’en contemplant son paysage, il contemple l’éternité.

 

Il en va de même de Khadafi, Moubarak, Benali, Bouteflika et consorts. Ils ne comprennent pas et ne comprendront jamais même au prix d’énormes efforts intellectuels que leur ecosystème est fini et que le processus de leur extinction est bien enclenché. Ils se heurteront toujours aux limites infranchissables de leur logique fondée sur des certitudes de jeunesse et des décennies d’exercice d’un pouvoir sans partage. Ils ne sont pas les seuls. Dans « l’intelligentsia » arabe, on retrouve chez beaucoup la même incapacité à comprendre l’inéluctable mouvement de l’histoire. Même chez les opposants traditionnels, les islamistes, on trouve de façon encore plus enracinée cette tendance à l’immobilisme doublée d’un désir absurde de retour à un passé exagérément idéalisé. « Les musulmans attendent de l’avenir qu’il leur rende leur passé », disait je ne sais plus qui.

 

L’aspiration populaire à un accès à une modernité qui a changé la face du monde ailleurs balayera tout ceux là.

Publié dans Lebled

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