Mazal waqfine

Publié le par chatnoir

Cinquante ans après l'indépendance du pays, on chante sur la télé algérienne « mazal waqfine » (toujours debout) comme si cette posture acquise par l'espèce humaine il y a des millions d'années restait jusqu'à aujourd'hui notre seule fierté cinquante années après l'indépendance. Etre debout sert à marcher, à aller de l'avant tout en ayant les mains libres pour faire, réaliser, bâtir... Aujourd'hui, en Algérie, il s'agit d'être debout, mais chancelant, tremblotant avec la peur de bientôt chuter sous les coups impitoyables de l'Histoire qui a balayé les régimes frères...

 

J'ai passé cette journée du 8 mai devant l'écran de télé à regarder jusqu'à la nausée le programme spécial dédié à cette journée du souvenir et préparer les algériens à la journée du 10 que le pouvoir aux abois, a jugé absolument cruciale pour sa propre survie. Le président lit un discours à la va-vite, sans aucune conviction pour déclarer, à la fin, que « leur » temps est passé... Place à la relève, allusion à leurs rejetons qui ont essaimé, agrément après agrément ces dernières mois...

 

Ils ont invité le sang des manifestants du 8 mai 1945 et des chouhadas de 1954 sur les plateaux en même temps que des « artistes » aux voix sirupeuses mises au service de ce qu'il y a de plus opportuniste et de plus parasitaire dans ce pays. Les mêmes grosses ficelles usées jusqu'à la rupture sont encore mises au service du pouvoir autiste, enfermé dans sa logique suicidaire.

 

Cette énorme machine médiatique a avoué toute seule sa faiblesse devant trois minutes vidéo pendant lesquelles un jeune homme ordinaire Tariq Mammeri, en usant de mots simples a su synthétiser de façon magistrale le sentiment général. Ils ne s'y sont pas trompé. La police politique l'a enlevé en pleine rue sûrement pour nous donner la preuve qu'une « nouvelle ère » de démocratie s'ouvre dans le pays.

 

En ce jour de souvenir du 8 mai 45 et en ce 50ème anniversaire de l'indépendance, ce jeune homme se révèle plus proche du combat de ceux dont ils font commerce du sang versé que toute cette armée de « sportifs », « artistes » politicards, tous parasites et opportunistes mis au service du sauvetage d'un régime pourri. Ceux dont ils nous chantent le sacrifice n'avaient rien à gagner et tout à perdre, tout comme ce jeune homme.

 

Cette manipulation à grande échelle ne trompe pas la majorité. La passion des algériens s'est manifestée maintes fois dans l'Histoire mais n'a jamais été télécommandée. Elle ne s'enflamme comme toutes les passions qu'aux accents de la sincérité. Aujourd'hui, elle détourne le regard de ce spectacle vulgaire.

Publié dans Lebled

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Loundja 14/05/2012 22:03


Debout! Comme des chandelles qui brulent, coulent, et se consument
rapidement et entièrement.


CT pas de la propangande, comme je pensais, mais plutot un message aux
autres, aux candidats clowns, pour dire qu'il faut pas t3ayiw rwahkoum.

chatnoir 17/05/2012 21:52



Les résultats le prouvent...



algerianna 13/05/2012 22:17


Je déteste cette expression 'mazal waqfine', c'est ridicule de l'affirmer quand on est à plat ventre

chatnoir 17/05/2012 21:51



il n'y a plus qu'à écrire la chanson "mazal moubatihines"



MnarviDZ 08/05/2012 21:35


Mout waqef nous disait-on... Ca me fait penser a cette reponse de Yasmina Khadra dans une interview. Il a dit:


"C'est un miracle s'ils demeurent encore debout après 50 ans de mensonges, de désillusions, d'incompétence, de médiocrité et d'injustice."


 

chatnoir 10/05/2012 00:01



3li mout waqef disait-on dans l'opium et le baton.... Pour une fois que Yasmina Khadra dit quelque chose de sensé :-), bon je suis inutilement méchant...