Pas très gai

Publié le par chatnoir

Quelle que soit l’issue de ce qu’il faut désormais appeler le conflit libyen, tout le monde ou presque y laissera des plumes. D’abord, le dictateur lui-même dont le sort est scellé depuis le premier jour. Mais le peuple libyen qui le subit aussi. L’intervention internationale ne sera pas gratuite. Il serait naïf de le croire. Tout ce déploiement des forces a un prix en monnaies sonnantes et trébuchantes et en concessions politiques. Les prochains dirigeants de la Libye passeront à la caisse. Ceux qui crient au colonialisme occidental n’ont rien compris. De nos jours, plus personne à part Israël ne cherche à conquérir de nouvelles terres. On conquiert plutôt des marchés et des positions économiques et de ce côté là, plus les avions détruisent et plus il y aura besoin de reconstruire et de se réarmer et mieux ce sera pour les affaires.

 

Mais le plus grave est ailleurs : dès qu’une telle violence s’insinue dans une société, elle s’y installe. Les algériens en savent quelque chose. Elle est comme une gangrène qui s’attaque aux membres sains. Elle banalise la mort et la souffrance. Dans ce pays sans institutions où le guide bénéficie d’un statut quasi divin le faisant flotter quelque part entre Allah et la Libye (Allah Moammar ou Libya ou bess), où son fils décide construit et détruit sans avoir le moindre statut, il sera extrêmement difficile de bâtir un état moderne lorsque le pays en sera débarrassé.

 

Publié dans Jiranna

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